Etude du compresseur/gonfleur Bavox S2YD

Je vais tenter dans cet article d’analyser en détail les compresseurs Bavox de type S2YD qui faisaient partie du lot de bord standard des M201 sahariennes.

Pour ce faire je vais me baser sur les seules informations connues concernant ce compresseur, à savoir 2 dessins provenant d’un manuel militaire à savoir l’additif au guide d’entretien 3152 pour la voiture de liaison ¼ de tonne Hotchkiss-Willys M201 type saharienne, des photos d’un compresseur provenant d’un forum polonais, et de l’analyse du compresseur que j’ai eu la chance d’acquérir.

Il y a une dizaine d’année Jean-Louis Martin a écrit une étude très complète sur les Jeep Sahara. Dans cette étude il parle évidemment des compresseurs Bavox et reprend le texte et les dessins du manuel renseigné plus haut. Les dessins montrent comment il faut fixer le compresseur Bavox sur la traverse avant du châssis. Ces dessins sont assez précis mais légèrement simplifiés par rapport à la vérité. Les voici :

La deuxième source d’information concernant les Bavox S2YD provient d’un forum polonais sur lequel une personne cherche des renseignements concernant le compresseur. Le modèle est photographié sous tous les angles possibles mais malheureusement les photos sont de faibles résolutions.

La troisième source d’information provient du compresseur Bavox que j’ai acquis cet été et dont voici la photo avant rénovation (et nettoyage, et démontage des éléments superflus…)

Tout d’abord, on peut constater que les 3 compresseurs sont différents.

Ainsi, le compresseur provenant du manuel militaire possède une poignée au-dessus du cylindre. Cette poignée n’est pas présente sur le compresseur « polonais » ni sur le mien.

Sur le compresseur provenant du manuel et sur le mien, on distingue une entrée d’air latérale. Elle n’est pas présente sur le compresseur polonais.

L’air entre via une cloche (filtre à air) au-dessus du cylindre sur le gonfleur polonais et sur le mien. Cette cloche n’est pas représentée sur le dessin

Enfin, l’air comprimé sortant du gonfleur passe par un filtre déshuileur. Sur le gonfleur « polonais » et sur le mien, la sortie d’air est frontale sur ce filtre déshuileur. Sur le gonfleur provenant du manuel, elle est latérale car sinon elle serait gênée par le parechoc. De plus, la conduite en cuivre reliant le sommet du cylindre au filtre déshuileur est différente (chemin plus court et plus direct sur le dessin).

De ceci on peut dès lors conclure que ni le gonfleur polonais, ni le mien ne peuvent être monté sur une Jeep. Pour cela il faut une sortie latérale de l’air sur le filtre déshuileur. Ces gonfleurs Bavox S2YD ont donc été employés sur d’autres véhicules. Je ne trouve malheureusement pas d’informations. Il semble que les camions Citroën type 23 en version militaire possédaient un gonfleur Bavox dans leur lot de bord. Était-ce un Bavox S2YD ? De quand date ce modèle ? Très difficile à dire.

Une chose est certaine, je pensais que mon Bavox était venu en droite ligne des dunes du Sahara pour finir dans la grange d’un fermier de la Flandre plus que très profonde : il n’a malheureusement jamais vu les étendues sans fin du Tanezrouft…

Grâce aux dessins de Jean-Louis Martin, je vais le rénover dans sa version militaire. Il me faudra donc ajouter une poignée au-dessus du cylindre et modifier la sortie d’air du filtre déshuileur.

Technique :

Abordons maintenant un peu la technique. Ici, rien de bien compliqué. Il s’agit d’un petit compresseur monocylindrique.

L’air est aspiré par le dessus du compresseur via la cloche (filtre à air) visible sur la photo suivante.

Il est ensuite expulsé via un tube de cuivre vers le filtre déshuileur qui prévient l’envoi d’huile dans les pneus à gonfler. A la base de ce filtre se trouve un petit robinet qui permet de vider le filtre si trop d’huile s’y est accumulée.

La lubrification et le refroidissement sont assurés par de l’huile stockée dans un petit carter que l’on peut remplir par le côté via un petit bouchon qui sert aussi à mesurer le niveau.

Sur le dessin du compresseur et sur le mien, on trouve une entrée d’air latérale. L’air aspiré ici n’est pas utilisé comme air comprimé pour le gonflage. Je pense qu’il s’agit d’un système de refroidissement : de l’air est aspiré dans le mécanisme du compresseur à chaque cycle, puis est expulsé. Il entre dès lors en contact avec l’huile et permet d’en diminuer la température. Afin d’éviter que des crasses ne soient aspirées dans le mécanisme du compresseur, un petit filtre est placé à cette entrée d’air.

La vitesse de rotation du compresseur est de 1400 tours/minute. À cette vitesse de rotation on génère une pression de sortie de 7kg/cm². La vitesse de rotation s’obtient via l’accélérateur à main de la Jeep.

Utilisation :

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela n’a pas l’air pratique. Rappelons-en l’utilité : dans le sable, la pression optimale des pneus est de 1,2kg. Sur piste ou sur route, elle est de 2kg. Après un déplacement dans le sable, il faut donc pouvoir facilement regonfler ses pneus. D’où le gonfleur.

Le premier obstacle à son utilisation est le coffre à outil qu’il faut ôter. Il s’agit de 4 vis papillon à défaire, rien de bien chinois vous me direz.

Ensuite, il faut fixer le gonfleur. Ce dernier n’est pas spécialement prévu pour les Jeep. Je pensais initialement qu’il se fixait directement sur la traverse du châssis, via la plaque de fixation soudée.

Il n’en est rien. En effet, si vous regardez cette plaque de fixation, vous constatez que l’encoche pour le passage de l’axe entrainé par le moteur n’est pas symétrique par rapport aux 2 vis d’attache. Or, sur le compresseur, l’axe est centré par rapport aux 2 encoches d’attache. En fait, le compresseur est fixé sur une plaque intermédiaire. C’est cette plaque que l’on attache sur le support soudé sur la traverse du châssis.

Il est recommandé de toujours laisser cette plaque intermédiaire bien attachée au gonfleur. Elle se fixe sur le support via 2 vis pareille à celle des roues donc on peut sortir la bonne clef pour la mise en place.

Ensuite, on démarre le moteur, et on peut commencer à gonfler.

Conclusion :

Alors, quid de l’utilisation de ce gonfleur Bavox S2YD ? Je vois un intérêt si un convoi ou groupe de Jeep doit avoir ses pneus regonflés. On installe le gonfleur sur une seule Jeep, puis on gonfle les pneus de tout le groupe. Pour une Jeep individuelle, j’ai tendance à dire que le plus simple et le plus rapide est de sortir sa pompe manuelle.

Autre problème lié à ce gonfleur, où le met-on dans la Jeep ? J’ai lu qu’il trouvait sa place dans le coffre à outil. J’en doute fort car il ne peut y être mis qu’en position couchée. Dans cette position toute l’huile se trouvant dans le carter s’écoule jusque dans la chambre de compression. Je vais faire l’un ou l’autre test, mais je doute que c’est là qu’il trouvait sa place.

Mon sentiment est que ces gonfleurs ont du très rapidement être « débarqué » des Jeep. Cela prend de la place, ce n’est pas pratique d’utilisation, à quoi bon le garder à bord.

Quant au mien, j’ai entamé sa remise à neuf. A la différence de la Jeep que je ne veux pas trop propre ni « over-restaurée », je vais essayer d’avoir le compresseur le plus neuf possible. Les photos suivront très bientôt !

A+

Big One

2 commentaires

    • Merci pour l’info, je l’ai acheté et je publierai bientôt n nouvel article sur ces gonfleurs. Cela réveillera le blog!!!!

      cdlt

      Xavier

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